Elikia... le quotidien se raconte

Catharsis d'armes

L'angélus sonne

Ils courent
Les fusils se pointent
La guerre arrive

L'angélus retentit

Ils courent
La guerre les attend au bout du cœur
Femmes, enfants, Hommes rampent l'heure
La mort leur fait signe

L'angélus crie

Ils courent
Un mot aux jambes
Vite !

L'angélus siffle

Ils courent à la bourre des armes

La cathédrale pleure.

 

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Une terre pour la saison

Sur une barque
Patiente une autre vie
S'évade la sécheresse
Sourit l'Hiver sans détresse

Sur la barque
L'espoir à bord
Regarde la mort
Qui s'est fait tricard à bâbord

Sur cette barque
Là-bas un horizon se voit
Là-bas peut-être un soleil
Là-bas se croit

A la rive
L'espoir prie
La vague châtie
La mort exauce

Derrière nous notre soleil chaud gémit

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Adieu Césaire

 

Au port aléatoire des heures, il a tiré sa révérence.
Aimé Césaire est mort (17 juin 1913 - 26 avril 2008).
Je ne voulais pas rendre mon hommage dans le flot médiatique de l'hypocrisie générale.
Les deux amis de la Négritude se sont allés dans le dernier couloir du jour laissant un édifice spirituel collosal sur une page presque blanche.
Césaire était un père, un repère aussi, affaibli sans son pair Senghor.
Il a avancé seul dans un combat dont on a coupé le son.
Césaire est parti. Celui qui a défendu au sang de l'esprit, au sang de la plume la majesté de la coexistence des cultures s'en est allé.
J'entends encore ses mots. J'entends encore son œuvre qui luit même Soleil cou coupé. Il avait pris refuge dans la littérature. La puissance des mots, il la voulait coloré et sans clivages dans les différents ages des lettres.
Une volonté éteinte vive. Incompris. Mal interprété.
Il n'a jamais baissé la garde de l'encre. Il a manié l'épée des lettres jusqu'au crépuscule.
Il s'appliquait dans la chirurgie du présent à guérir avec des mots.
Il s'était fait l'humble serviteur d'une politique (au sens) littéraire. Une politique populaire.
Merci Monsieur Césaire.

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A vif

Elle a donné son cœur. Et ils l'ont piétiné avec une acuité personnelle ;
tous avec leurs mégots et leurs egos.
A coups de maux choisis, de mots cinglants, ils l'ont méprisée.
Ils l'ont indignée à alternance volontaire...égale.
Ecorchée à vif, on l'a vidée. On l'a ridée au corrosif de la naïveté.
Elle n'a rien dit. Elle ne dit rien. L'aphonie du perfide la condamne. La rigueur de la bienséance captive ses sens.
Alors elle a laissé les larmes parler comme une mauviette dans une serviette.
Ils ont mis en pièce son cœur battant avec une adresse et une parcimonie précieuses.
Au fur à mesure, l'usure fabrique des points de sutures.
Elle nie le déni qui surgit dans la survie.

Un pauvre cœur écrasé gisait sous la pluie. Le sien..
Ils ont essuyé leurs godasses dessus.
On observait la commodité.
Le cœur... ! Il se tordait les narines de l'odeur âpre de la méchanceté dans le silence bruyant des alliés.
Au pouls de la résistance rance, il battait.
Elle l'a ramassé tout tassé.
L'hémorragie et la rage glissaient dans l'impuissance indifférente.

Avec un reste de dignité maladive, elle a mis des béquilles à son amour-propre.

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Dehors


Le ciel fait semblant d'être bleu et simplement d'être là.
Les arbres sont anorexiques. Les bus sont boulimiques.
C'est l'hiver. Ou une saison qui lui ressemble.
Le monde est un caillou. Les hommes ne sont pas des bijoux.
Ils sont pires. Respirez l'air du temps.
L'âme humaine s'évapore. Au bord d'une pensée nacre dans un silence d'or on vagabonde.
L'infini toise sévère, la mort et sa robe à pupilles aussi.
On leur fait une révérence et passe mon chemin.
La Terre est molle du genou aujourd'hui. Elle a le tournis mais elle tient debout.
Comme quoi !

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La rue en héritage


Je porte le monde sur mes épaules.
Je clopine.
Le jour d'après, c'est le jour d'avant avec quelques modifications.
Toi avec un bouton. Eux à la dérive. Et moi comme toi, comme eux, en autarcie.
J'avance avec mon monde sur les épaules.
Le bonheur des leurres a mis le feu à mon bon cœur. J'ai la solitude en rancœur.
Derrière les heureux, j'ai toujours fait le joli chœur.
Surtout mes épinards manquent de beurre.
Je ne suis pas un mangeur d'heures.
Je léche la vitrine. J'arrête de faire le chien.
J'enfonce mes yeux dans la crasse du sol.
Je traverse le couloir imaginaire du paradis au coin du sommeil.
J'inverse mon rapport au temps.
J'antipe l'avenir.
Me voilà au Paradis.
Ça fait du bien !

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L'apéritif du jeudi noir

Mercredi 18 octobre
Les minutes ne bougent pas. Nous n'en plus. 20 heures : Conflit social entre en gare.
Immobiles face au sort des heures. Les yeux rivés, sur l'horloge éléctroniques. Dans 3 secondes, il est 20 heures. Conflit social à l'approche.
La foule est muette. La foule est nombreuse. Une annonce et l'ange passe.
Ce n'est pas le moment de se mettre à dos la technique.
20 heures et 5 minutes. Aucun affichage. La foule a élaboré la théorie du calme relatif.
20 heures et 7 minutes. Aucun affichage. Le yin et le yang des voyageurs est mis à l'épreuve.
20 heures et 8 minutes. Ruée vers le train.
20 heures 10. La Terre est dans le train.
Cousin Jacques, Marraine Berthe (du moins leur sosie) partagent notre wagon.
20 heures 11. Le train démarre.
Le souffle reprend.

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Ô Vingtaine, suspends ton envol !

 

Le temps déborde entre mes mains.
Le temps d'un regard, tout s'eclipse. Tout ce temps je n'ai rien fait.
Rien n'est resté. Le temps déborde entre mes mains immobiles
Je convoite l'avenir sans rien esperer du présent dont j'ai dilapidé la valeur.
Je m'appelle l'âge. Et ...
Je ravage.
Foule libre. Je marche à travers cette mare de visages, des peintures mobiles et disparates.
Un trait, une saison.
Masse prisonniere. Le temps les lie anoymement.
Demain, ils se trouveront dans le paysage.
Et moi, l'age je tricherai encore avec d'autres.
Mano a mano, je causerai avec l'éternité. Sans eux.
Parce que moi j'ai le temps.

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Les mots sont fous


La courtoisie du délire

Désastre
Négation d'astres

Histoire brisée
J'en ai trouvée la momie

Je t'aime
3 maux ?
Je, toi et le verbe aimer

Le ringard est une gravure de mode
C'est cyclique

Cœur écorché
Ecorchure écoeurante
Le mal-être en bandoulière
Echarpe mondaine

La culture à l'écran
Et la télévision est un musée
Distorsion de la vue ?

Des images
Des symboles
Des non-sens
Mais puisque tout le monde comprend

 

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L'Afrique

 

Afrique


Afrique, n'aie peur de rien
Tes enfants arrivent
Tes enfants reviennent
Tes enfants accourent
Ils changeront tes déboires
Ils changeront ton histoire
Afrique, ne crains rien
Toi, la mortifiée
Toi, la délaissée
Afrique, ne te rendors pas
L'heure est venue
Pour toi l'aurore se lève
Chacun de tes enfants rapporte pour toi un morceau de ciel
Pour composer à nouveau ton ciel pur et bleu
Afrique, n'empourpre plus ton visage
Relève toi
Sors ta parure et revêts-la
Le temps des larmes est révolu
Afrique, Afrique
C'est ton nom qui retentit
On t'appelle de toute part
L'ère de la reconnaissance souffle
Respire

 

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L'oublie tue

 

SANS NOM

Lorsque la résonance des mots Souffrance Torture Haine Douleur Auschwitz...
S'estompèrent dans son esprit mais rythmaient encore les derniers battements de son cœur
L'halo de lumière l'environna
L'emporta
Dans les dunes ombreuses de la mort
Le gouffre la déroba
Le vide l'enivra
Ils brisèrent ses chaînes de la vie
La dépossédant d'une boîte de pandore béée
Frivole, légère
Dévêtue
Elle était enveloppée désormais
Dans le drap de l'Histoire
La parure du souvenir
S' échappant dans une direction inexplorée
Elle atteint cette île idéale
Elle s'en va
Une main la retient
La main de la Libération 1945
L'heure est indue
La main ne peut plus la retenir
Elle vole à mille lieux de tous ces yeux
Le reste de sa chevelure nuit dansait dans les abysses de l'au-delà
Elle était si jeune si petite
A 12 ans pour la première fois elle était heureuse
Elle respirait d'une joie surprenante agréablement différente
De tout ce qu'elles avait pu connaître auparavant.
C'était la Délivrance
Quand depuis 4 ans elle avait pour adresse Chaos dans le pays de Shoah
Elle,
Elle s'appelait 245963

 

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A la Une...

 

La République s'habille en Prada !
8 ans d'incarcérations qui prennent fin, 5 condamnations à mort expiées avec le dépla-cement de Cécilia. Pour sûr, le premier voyage de Madame Sarkozy en Afrique, on s'en souviendra. Après une Bernadette BCBG rangeant les pièces jaunes, la République Fran-çaise s'habille en Prada. Pour libérer les infirmières bulgares accusées d'avoir inoculé le virus du Sida par vaccin à des enfants dans un hôpital libyen, elle sort les griffes ! Le colo-nel Khadafi n'infléchit pas cependant les termes des négociations. Il est loin d'être un agneau qu'on cuit à la broche. Pour lui, figures de style ou diplomatiques importent peu tant que la parole reste d'argent.
Dame joker, dame de fer? Le mandat présidentiel aura beaucoup à nous enseigner sur ses fonctions. La prochaine Marianne aura-t-elle les traits de Cécilia?

La diversité au coeur de l'actu
Main dans la main, deux par deux les médias repartent à la rencontre des cités de leur propre chef, sans la police. Ils tendent le micro à leur expression, leurs opinions. Cette initiative s'inscrit dans le projet de l'Institut Panos Paris intitulé Mediam'rad. C'est une orga-nisation non gouvernementale au porte-feuille de l'Europe. Ce projet a pour ambition d'apporter plus de poids voire de visibilité aux médias " de la diversité et issus de l'immigration" en les associant aux médias nationaux afin de promouvoir le pluralisme et la lutte contre la discrimination.Libération et Fumigène se sont déjà essayés cet été à l'exercice en prenant cette rentrée Sarkozienne au thermomètre des cités ou plutôt de la diversité.
"Un livre blanc" sur la diversité dans les médias est à venir...

 

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Citations

*« Tout ce qui touche le cœur grave la mémoire » Voltaire
*« Parce que l'horreur sur terre est réelle et quotidienne,
C'est comme une fleur ou le soleil, rien ne peut l'empêcher d'être »
Susie dans La Nostalgie de l'Ange Alice Sebold
*« Les questions les plus intéressantes restent des questions. Elles enveloppent pour un mystère. A chaque réponse, on doit joindre un « peut-être ». Il n'y a que les questions sans intérêts qui ont une réponse définitive » La dame rose E-E Schmidt
*« Le mot et l'image, disait Goethe sont deux corrélations qui se cherchent éternellement. »
*« Il n'est pas de hiérarchie dans le malheur » Martin Gray
*« Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir. » Aimé Césaire
*« Ici devient là-bas sans cesser d'être. » Yves Bonnefoy Les Planches courbes La pluie d'été
*« Aimer, c'est n'avoir plus droit au soleil de tout le monde. On a le sien. » Marcel Jouhandeau
Algèbres de valeurs morales
*« C'est quoi un enfant ? Un enfant c'est un adulte sans barbe. » Amadou ?

 

 

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Piques effarantes



La terre est ronde
Canicule en vue?
Oui régime oblige ....

8 paires de yeux tirés sur le podium
c'est complétement tiré par les cheveux
faut prévoir l'opium

les tendances au défilé
que des fils et des tissus


Des enjeux pour ce G8?
Pas vraiment, plutôt des jeux de société


Tiens je
qu'est ce que "tutu"?
Moi je tue je

Botox, Photoshop
palliatifs modernes
C'est grave Docteur ?

 

 

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Brune Brume

 

Nuit. Ciel. Arbres. Immobiles.
L'horizon est mobile. Elle bouge au fil de mes pas. Elle fluctue, transforme son visage.
Cette ligne imaginaire qui fait la course à ma raison m'embobine.
Je sillonne les paysages oniriques.
Je cours. Je crève. Je me relève. C'est sûrement la  trêve. D'un arbre je touche la sève.
J'embarque. La destination : l'absolu. J'explore.
Je rase les murs. Je brûle quelques frontières du réel.
A gauche. A droite.  Tout droit.  L'espace est infini sans jamais tourner en rond.
Cette demeure est temporaire. Les secondes, les minutes et les heures dansent inlassablement le tango.
Crépuscule, aube, jour, nuit.  Opacité éphémère.
Terminus.
Le réveil vient de sonner.

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