Bleus de l'âme
Ses yeux éclairaient le bonheur.
On aurait dit deux morceaux de ciel arrachés.
Seulement…
* Sur le quai, je ne fais rien d’extraordinaire. J’attends. Comme d’habitude, j’attends. J’attends que le soleil se lève dans cette bouche de métro. Prête à partir, j’attends. J’attends un sourire, un coup de fil , un appel, un signe, une lettre, une marque d’attention…N’importe quoi.
Voilà attendre m’ennuie. Je décide.
Dans mon for intérieur, les pieds collés au quai, je veux tenter une expérience.
Les étoiles m’appellent.
Je plie légèrement mes genoux. Je vais prendre de l’élan et sauter.
Les étoiles m’appellent.
J’attends une synchronisation parfaite avec le métro. On va arriver en même temps.
Plus que quelques secondes, quelques misérables centimètres…
J’ai envie de savoir si ça fait mal de disparaître, de ne plus vivre, de ne plus se porter, de ne plus se supporter, de partir pour de bon …pour son bien.
Quelle différence que je sois là ou non ?
Que signifie ma présence ou mon absence ?
Je vais sauter et découvrir ce qu’il y a là-bas. J’ai encore un peu de courage.
De toute façon la solitude et l’oubli sont des demi-mort pourquoi s’abstenir d’une autre ?
Au loin le bruit, les jacassement, les bavardages, la bonne humeur du matin…
Un pas, deux pas…j’approcherai des étoiles…
Douleur égoïste je t’éteindrai !
Les étoiles me réclament.
Dans quelques secondes, je serai plus légère.*
Dans sa réflexion elle ignorait que la mort ne désagrégeait pas le faix de ses blessures et cicatrices. Le corps mort était beaucoup plus lourd que le corps en vie. Elle allait s’emporter dans l’invisibilité.
Sa poussière chatouillera les étoiles de mer.
Musique. Les trains sont suspendus. Le trafic est perturbé. Une jeune femme s’est jetée sous le métro. Veuillez nous excusez de la gêne occasionnée.
A la radio, du blues.
Par elikia, Lundi 12 Fevrier 2007 à 00:13 GMT+2 dans Ma rubrique (article, RSS)




