Elikia... le quotidien se raconte

L'apéritif du jeudi noir

Mercredi 18 octobre
Les minutes ne bougent pas. Nous n'en plus. 20 heures : Conflit social entre en gare.
Immobiles face au sort des heures. Les yeux rivés, sur l'horloge éléctroniques. Dans 3 secondes, il est 20 heures. Conflit social à l'approche.
La foule est muette. La foule est nombreuse. Une annonce et l'ange passe.
Ce n'est pas le moment de se mettre à dos la technique.
20 heures et 5 minutes. Aucun affichage. La foule a élaboré la théorie du calme relatif.
20 heures et 7 minutes. Aucun affichage. Le yin et le yang des voyageurs est mis à l'épreuve.
20 heures et 8 minutes. Ruée vers le train.
20 heures 10. La Terre est dans le train.
Cousin Jacques, Marraine Berthe (du moins leur sosie) partagent notre wagon.
20 heures 11. Le train démarre.
Le souffle reprend.

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Ô Vingtaine, suspends ton envol !

 

Le temps déborde entre mes mains.
Le temps d'un regard, tout s'eclipse. Tout ce temps je n'ai rien fait.
Rien n'est resté. Le temps déborde entre mes mains immobiles
Je convoite l'avenir sans rien esperer du présent dont j'ai dilapidé la valeur.
Je m'appelle l'âge. Et ...
Je ravage.
Foule libre. Je marche à travers cette mare de visages, des peintures mobiles et disparates.
Un trait, une saison.
Masse prisonniere. Le temps les lie anoymement.
Demain, ils se trouveront dans le paysage.
Et moi, l'age je tricherai encore avec d'autres.
Mano a mano, je causerai avec l'éternité. Sans eux.
Parce que moi j'ai le temps.

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Les mots sont fous


La courtoisie du délire

Désastre
Négation d'astres

Histoire brisée
J'en ai trouvée la momie

Je t'aime
3 maux ?
Je, toi et le verbe aimer

Le ringard est une gravure de mode
C'est cyclique

Cœur écorché
Ecorchure écoeurante
Le mal-être en bandoulière
Echarpe mondaine

La culture à l'écran
Et la télévision est un musée
Distorsion de la vue ?

Des images
Des symboles
Des non-sens
Mais puisque tout le monde comprend

 

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L'Afrique

 

Afrique


Afrique, n'aie peur de rien
Tes enfants arrivent
Tes enfants reviennent
Tes enfants accourent
Ils changeront tes déboires
Ils changeront ton histoire
Afrique, ne crains rien
Toi, la mortifiée
Toi, la délaissée
Afrique, ne te rendors pas
L'heure est venue
Pour toi l'aurore se lève
Chacun de tes enfants rapporte pour toi un morceau de ciel
Pour composer à nouveau ton ciel pur et bleu
Afrique, n'empourpre plus ton visage
Relève toi
Sors ta parure et revêts-la
Le temps des larmes est révolu
Afrique, Afrique
C'est ton nom qui retentit
On t'appelle de toute part
L'ère de la reconnaissance souffle
Respire

 

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L'oublie tue

 

SANS NOM

Lorsque la résonance des mots Souffrance Torture Haine Douleur Auschwitz...
S'estompèrent dans son esprit mais rythmaient encore les derniers battements de son cœur
L'halo de lumière l'environna
L'emporta
Dans les dunes ombreuses de la mort
Le gouffre la déroba
Le vide l'enivra
Ils brisèrent ses chaînes de la vie
La dépossédant d'une boîte de pandore béée
Frivole, légère
Dévêtue
Elle était enveloppée désormais
Dans le drap de l'Histoire
La parure du souvenir
S' échappant dans une direction inexplorée
Elle atteint cette île idéale
Elle s'en va
Une main la retient
La main de la Libération 1945
L'heure est indue
La main ne peut plus la retenir
Elle vole à mille lieux de tous ces yeux
Le reste de sa chevelure nuit dansait dans les abysses de l'au-delà
Elle était si jeune si petite
A 12 ans pour la première fois elle était heureuse
Elle respirait d'une joie surprenante agréablement différente
De tout ce qu'elles avait pu connaître auparavant.
C'était la Délivrance
Quand depuis 4 ans elle avait pour adresse Chaos dans le pays de Shoah
Elle,
Elle s'appelait 245963

 

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A la Une...

 

La République s'habille en Prada !
8 ans d'incarcérations qui prennent fin, 5 condamnations à mort expiées avec le dépla-cement de Cécilia. Pour sûr, le premier voyage de Madame Sarkozy en Afrique, on s'en souviendra. Après une Bernadette BCBG rangeant les pièces jaunes, la République Fran-çaise s'habille en Prada. Pour libérer les infirmières bulgares accusées d'avoir inoculé le virus du Sida par vaccin à des enfants dans un hôpital libyen, elle sort les griffes ! Le colo-nel Khadafi n'infléchit pas cependant les termes des négociations. Il est loin d'être un agneau qu'on cuit à la broche. Pour lui, figures de style ou diplomatiques importent peu tant que la parole reste d'argent.
Dame joker, dame de fer? Le mandat présidentiel aura beaucoup à nous enseigner sur ses fonctions. La prochaine Marianne aura-t-elle les traits de Cécilia?

La diversité au coeur de l'actu
Main dans la main, deux par deux les médias repartent à la rencontre des cités de leur propre chef, sans la police. Ils tendent le micro à leur expression, leurs opinions. Cette initiative s'inscrit dans le projet de l'Institut Panos Paris intitulé Mediam'rad. C'est une orga-nisation non gouvernementale au porte-feuille de l'Europe. Ce projet a pour ambition d'apporter plus de poids voire de visibilité aux médias " de la diversité et issus de l'immigration" en les associant aux médias nationaux afin de promouvoir le pluralisme et la lutte contre la discrimination.Libération et Fumigène se sont déjà essayés cet été à l'exercice en prenant cette rentrée Sarkozienne au thermomètre des cités ou plutôt de la diversité.
"Un livre blanc" sur la diversité dans les médias est à venir...

 

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Citations

*« Tout ce qui touche le cœur grave la mémoire » Voltaire
*« Parce que l'horreur sur terre est réelle et quotidienne,
C'est comme une fleur ou le soleil, rien ne peut l'empêcher d'être »
Susie dans La Nostalgie de l'Ange Alice Sebold
*« Les questions les plus intéressantes restent des questions. Elles enveloppent pour un mystère. A chaque réponse, on doit joindre un « peut-être ». Il n'y a que les questions sans intérêts qui ont une réponse définitive » La dame rose E-E Schmidt
*« Le mot et l'image, disait Goethe sont deux corrélations qui se cherchent éternellement. »
*« Il n'est pas de hiérarchie dans le malheur » Martin Gray
*« Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir. » Aimé Césaire
*« Ici devient là-bas sans cesser d'être. » Yves Bonnefoy Les Planches courbes La pluie d'été
*« Aimer, c'est n'avoir plus droit au soleil de tout le monde. On a le sien. » Marcel Jouhandeau
Algèbres de valeurs morales
*« C'est quoi un enfant ? Un enfant c'est un adulte sans barbe. » Amadou ?

 

 

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Marcia Hesse de F.Melquiot par la troupe amateur chelloise

Marcia Hesse de Fabrice Melquiot
Mise en scène de P. Suberbie
Troupe amateur de la Cie Oui-Da Théâtre
au Théâtre de Chelles le 27 et 28 juin 2007

Saint-Sylvestre. Georgia Hesse rassemble les siens dans la maison de la presqu'île. Ils prendront un repas ensemble en famille. Un bon repas en famille sauf comme chacun le sait il manquera Marcia... et puis Diego son petit ami qui n'est pas venu.

Dans tous les silences, elle est là Marcia.Un ange passe. Elle est visible, audible à chaque non-dit, à chaque émotion. Pourtant tout se passe comme si de rien n'était. La pudeur empêche de parler de son absence. On étouffe le sujet par un autre. ellipse. On change de conversion. Ou on ne dit rien. Marcia n'est pas là. Pourquoi ils sont là, peuvent ils se le demander?

 Une polyphonie en éclat  cherche à taire un nom. Les voix sont noués, tissées entre elles et convergent vers une mémoire au prénom de Marcia. Depuis qu'ils sont arrivés, la conversation tient à un fil qu'on a peur de perdre, de couper. Elle est vitale pour ne pas sombrer dans le souvenir. Les maux sont tenus en laisse. Et parfois la maladresse des mots les révèlent.  
Dehors le vent se lève. la tempête règne. La tension craquelle les coquilles...La tempête, n'est ce vraiment que la météorologie extérieure?  Georgia installe ses hotês dans la chambre de sa petite fille, au premier. Elle veut son chapeau de paille à table. Ils n'ont jamais été treize. Ils ne le seront jamais. Pourquoi tient elle à raviver les eaux du passé?
Transparente, nous la voyons Marcia. Elle est sur scène avec sa famille. Transparente, elle passe à travers l'au-dela. Elle effleure les coeurs, les pensées, les scènes, les lieux, les lignes et les mots en toute invisibilité. Sans que quiconque s'en aperçoive. Elle touche les livres, partage des moments avec ses proches. Elle les touche sans les atteindre. Nous l'observons sortir du noir, déambuler entre ombre et lumière. Sur scène, réel et irréel se toisent dans l'esprit.

La vie  a-t-elle une mort? Que deviennent nos sentiments après la mort ? Prennent-ils le large? Font-ils naufrage? Peut-être que la mort n'est pas la seule à avoir des secrets.

C'est une scène ouverte comme une lettre ouverte, comme un coeur ouvert.On a une vision panoramique de la peine qui parcourt chaque personnage. La  maison et le temps nous sont décomposés par scène et tréteaux.C'est l'exposition d'une absence. "Un être vous manque et tout vous semble dépeuplé" crierait presque l'un d'eux.
Dans l'inconsistance de l'air, Marcia marche comme s'il n'y avait qu'un couloir entre tout. Sa mère lui parle. Il y a des personnes que l'oubli pèse lourd à emporter.
Au coeur du choeur que forme la famille dirigé par Georgia,les souvenirs s'écorchent au visage. Chacun exprime sa vulnérabilité. Ensemble, les acteurs nous jouent les nuances et les tranches d'un malheur opaque. Sous les rires, il y a des larmes mais aussi cette lune qui ne nous quitte pas des yeux.  

Des petits rôles,il n'en a pas-du moins à mes yeux. Parce que le malheur ne désemplit pas les gens. Un second rôle très remarqué et joué avec brio par la famille. Chaque membre a porté son interprétation avec une justesse et une sensibilité déconcertante en repoussant les limites du drame. Chaque acteur dans son rôle a su donner voix et lecture claires et vibrantes à l'oeuvre de Fabrice Melquiot.
Le jeu de Marcia Hesse, la comédienne Anna Elisa Pieri était littéralement époustouflant. Elle a fait preuve d'une présence scénique incroyablement précis. Son monologue était magistral.
On peut dire sans conteste que le 15e acteur fut la création sonore d'Alicya Karsenty, qui a épousé la trame de la pièce avec une correspondance unique.

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Brune Brume

 

Nuit. Ciel. Arbres. Immobiles.
L'horizon est mobile. Elle bouge au fil de mes pas. Elle fluctue, transforme son visage.
Cette ligne imaginaire qui fait la course à ma raison m'embobine.
Je sillonne les paysages oniriques.
Je cours. Je crève. Je me relève. C'est sûrement la  trêve. D'un arbre je touche la sève.
J'embarque. La destination : l'absolu. J'explore.
Je rase les murs. Je brûle quelques frontières du réel.
A gauche. A droite.  Tout droit.  L'espace est infini sans jamais tourner en rond.
Cette demeure est temporaire. Les secondes, les minutes et les heures dansent inlassablement le tango.
Crépuscule, aube, jour, nuit.  Opacité éphémère.
Terminus.
Le réveil vient de sonner.

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L'arme puis larmes

Les mots, l'enfant les cherche le vieillard ne les trouve pas
Tous deux se frottent les yeux et croient fermement
Être au milieu d'un cauchemar
Du moins,ils l'espèrent
De tout leur cœur, de toute leur âme, de tout leur force
Car voir, entendre, toucher,sentir,marcher
Ou tout simplement respirer
Sont le poison de leur existence
Lorsque le sang innocent abreuve les sentiers effaçant
La quiétude d'autrefois
Lorsque les balles ne servent plus à jouer et percent alors des êtres humains
Les femmes revêtues de cendre implorent pleurent
Les sanglots arrachent leurs voix
L'horreur de la guerre emporte leur beauté
Elles n'ont Rien plus Rien
Sur leur terre méconnaissable
Déserte d'endroits, déserte de personnes chères
Elles élèvent leurs mains impuissantes
Se munissant de leur foi
Auparavant chacun avait ses problèmes
Il ne fallait pas en rajouter
Ailleurs la guerre éclate
On y pille, on y tue, on y détruit personne ne s'en émeut
Sinon qui?
Décadence,déchéance,destruction accablent un peuple sans défense
L'homme qui tient l'arme n'a ni cœur ni peur
Derrière l'arme un homme meurt
La musique est poignante ponctuée de canons, de mitraillettes
Et de lourds silences
La guerre se veut œuvre d'art et produit des Picasso
C'est la ruine c'est la désolation
Quand le néant accapare les vies
Alors les fruits des armes ne sont autres que les larmes.

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Toutes les secondes de l'éternité d'Edith Vieren-Debionne

Avis sur...
Toutes les secondes de l'éternité
Edith Vieren-Debionne

A la lumière des mots qui recouvrent peu à peu surface d'une mémoire en voie de guérison, une voix traverse le livre.
Ce sont des souvenirs mordus par le temps que l'auteur raconte.
On est pris dans une bulle. On pénètre une sphère intime.
Cependant à la lecture, il y a comme quelque chose de sacré. On sent bien que certains passages renferment une cathédrale de larmes. Avec pudeur et simplicité, elle nous retrace le chemin de sa vie -sans exhibitionnisme-... du moins un fragment.
Ce n'est pas vraiment une autobiographie. C'est un fragment de vie pas terminé, pas figé « dans le temps image mobile de l'éternité immobile ».
Concis et précis, chaque mot a sa place pour évoquer la juste émotion. Elle nous livre ses équations difficiles : la perte et le gain. Les mots sont remèdes aux maux. Et j'aurais tendance à appeler ce livre : recueil. Un recueil de soi.
On est projeté dans une méditation intérieure. Son « Je » exprime son passé, l'immensité de la douleur, ses pensées et cette route vers la quiétude, vers soi.
Des expériences on forge des théorèmes mais du parcours d'une vie naît la sagesse.
C'est un recueil de pensées, de notes, de bribes de phrases et d'émotions qui viennent imo pectore qui s'ouvrent à nous. Dans ce tableau d'une âme fragile et résistante, on touche chaque partie du clair-obscur. Elle a côtoyé des rêves. Elle a vécu dans une réalité désenchantée. Elle préserve dans l'adversité la foi qui fait vivre, qui pousse de l'avant...Cet amour du demain. L'espérance que cache l'avenir...
Son œuvre, c'est le pied de départ vers un nouveau présent.
Ses mots portent en eux son être, son monde et sa réalité.
C'est un voyage vers l'indéfini de l'infini d'une vie, d'un fragment de soi.
Le temps l'a enseignée. Ses mots en gardent la trace. Elle s'est appropriée le langage intelligible pour exprimer le langage du cœur plus complexe. Elle a fait des mots, des vecteurs audibles de ses silences, de son intérieur.
Ce fragment d'elle, ce livre est une note de poésie sans poésie bouleversante et poignante.

 

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Artificielle Vénus

 

Ça y'est. Elle n'est plus une petite fille. Elle est majeure aujourd'hui. Mais aussi loin qu'elle s'en souvienne, elle ne l'avait jamais été. Elle avait été en avance, précoce comme on dit. Seulement elle avait tout anticipé ; les dérapages, les catastrophes et même une " vie d'adulte". Cela lui laissait de la marge. Sa vie d'adulte, elle l'avait menée à l'adolescence. Rien de fleur bleue...c'était plutôt la troisième lettre de l'alphabet en partant de la fin.
A l'école, ça se passait. Elle était peu ou prou attentive. Sa matière préférée se (dé) roulait à la récré, un mélange de sciences naturelles et de botanique.
Jolie. Agréable à la vue, agréable au toucher quelles mains ne sont pas passées sur son corps ? « Tous les interdits sautés » que va-t-elle faire de ses 18 ans ?
De petite fille à pauvre fille... en argot,  paumée...contraction de pauvre meuf.
Vide. Elle vient de vomir l'alcool de ses veines. Elle n'a pas réussi à vomir cette sensation de souillure, de dégoût intestinal.
Elle se penche vers le miroir... s'observe;  comme on porte de l'intérêt à un tas d'immondices.
Ce matin, elle a envie de crier à la face du monde la laideur de son présent.
Elle est livide. Elle a la teinte du vide.
Vomir encore et encore comme si tout s'évacuerait de son corps et de son cerveau.
Vénus d'une île artificielle, elle revient doucement vers la réalité dont il va être difficile de cueillir les fleurs...

 

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Pain de campagne

 

 On retiendra peut-être de 2007 qu'elle fut l'année de changement (euphémisme ?) et de la course à l'Elysée (encore et toujours vedette de la vie politique).

En géographie météorologique... la météo de TF1 montre pour la première fois la France en entier. Réunion, Martinique, Mayotte...sont sur la carte (des électeurs potentiels). « TF1 rend accessible l'information » à tous aux gens de couleur comme aux sourds... il y a du progrès dans la campagne présidentielles. Temps moderne ?
Chaque parti fait de l'électorat sauce maison. Chaque parti veut rassembler à sa table.
Pas question de laisser un vote sans abri...
Toutes les voix comptent. Seront-elles entendues pour autant ? L'évangile politique fait grande messe. Entrons dans la barque ...
A moins que ce soit encore de la liturgie démagogue ?
Des 12 disciples, il n'en reste plus que deux. Qui prendra son billet pour l'Elysée ? Rappelons le, l'Elysée c'est l'enfer. Tandis que d'autres aspirent avec opiniâtreté aux rives des paradis -fiscaux, spirituels et autres-, deux veulent conquérir le palais de l'enfer. Reconnaissons le paradoxe de la société occidentale. Et dans le paradoxe poussé à son paroxysme, nous nous demandons qui sera le plus apte conduire l'enfer...
Pieuse démocratie !
Avant l'exode présidentiel de J.C, le pain de campagne des candidats ne cesse de se multiplier...

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Un Jour J

 

Il n’y a que ce jour qui existe. Les autres sous-existent. Je ne vis que pour cette échéance. Après cette date au feutre, ce sera la décadence. Les jours se ressembleront. Les jours se désarticuleront de mon attention et de mes chakras. Il n’y a que ce jour réel dans ma mémoire. Les autres sont des chiffres. Ils ne comptent pas.

Tout se décompte menant à ce jour entouré au feutre rouge. Il existe au delà du calendrier. Tout s’accélère à son pas fragile et rapide. Tout se précipite. Tout. Rien n’a d’importance si ce n’est ce jour. Le reste n’est plus que du temps à écouler, du temps vide d’appréhension et de présomption. Vide de sens ?

Tout s’accélère. Tout se précipite vers l’après jour J. Souffle la dernière seconde qu’on n' a pas surprise arriver.

Elle souffle et se mêle au vent.

Et disparait.

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Armée du matin

 

 

Armée du matin. Une foule innombrable traverse la gare. Légion d’honneur de sa propre existence. Le  matin est un combat, une guérilla sans espèce de compassion pour son prochain.

Ils traversent cette longue correspondance. Le regard est haut vers la porte ; l’antre d’un nouveau souterrain. Ils marchent les uns à côté des autres.

Soldats d’un objectif, d’un intérêt, le leur.

Ils ne composent pas un tout. C’est une masse confuse de singuliers. Chaque pas résonne dans une spirale lambda, bohème. Des silhouettes, des destins mobiles qu’on ignore croiser peuplent le couloir.

Chaque « je » est dans son monde. Surtout, ne le cognez pas.

Les pas fourmillent. Il faut rentrer dans le métro. Les baskets, les chaussures à talons, les mocassins et les escarpins se livrent dans une course effrénée. Des sacs volumineux s’en mêlent et obstruent le passage. Un bruit strident et la porte du métro se referme laissant sur le quai des pieds en colère. Confinés comme des bulles de gaz dans une cannette de soda, parmi les silhouettes n’est pas un espace de mouvement. Serrés. Collés. Le touriste coincé avec ses valises encombrantes perçoit la chaleur humaine parisienne. Le touriste se prend un bain de foule. Autour de lui, pas d’hystérie juste des silhouettes en vie.

Il maugrée. Elle rêve. Elle écoute de la musique. Il  cherche éperdument ses clés. Il tente de rentrer en contact le regard avec la jolie personne en face. Elle râle. Elle chante pour faire la quête. Il fait ses devoirs.Elle souffre le martyre à cause de son ventre rond qui prend de la place parce qu’elle est enceinte.

 

Que de « je »,  que d’ « égo » dans le métro.

 

Chacun pour soi, le métro pour tous.

 

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