Elikia... le quotidien se raconte

Armée du matin

 

 

Armée du matin. Une foule innombrable traverse la gare. Légion d’honneur de sa propre existence. Le  matin est un combat, une guérilla sans espèce de compassion pour son prochain.

Ils traversent cette longue correspondance. Le regard est haut vers la porte ; l’antre d’un nouveau souterrain. Ils marchent les uns à côté des autres.

Soldats d’un objectif, d’un intérêt, le leur.

Ils ne composent pas un tout. C’est une masse confuse de singuliers. Chaque pas résonne dans une spirale lambda, bohème. Des silhouettes, des destins mobiles qu’on ignore croiser peuplent le couloir.

Chaque « je » est dans son monde. Surtout, ne le cognez pas.

Les pas fourmillent. Il faut rentrer dans le métro. Les baskets, les chaussures à talons, les mocassins et les escarpins se livrent dans une course effrénée. Des sacs volumineux s’en mêlent et obstruent le passage. Un bruit strident et la porte du métro se referme laissant sur le quai des pieds en colère. Confinés comme des bulles de gaz dans une cannette de soda, parmi les silhouettes n’est pas un espace de mouvement. Serrés. Collés. Le touriste coincé avec ses valises encombrantes perçoit la chaleur humaine parisienne. Le touriste se prend un bain de foule. Autour de lui, pas d’hystérie juste des silhouettes en vie.

Il maugrée. Elle rêve. Elle écoute de la musique. Il  cherche éperdument ses clés. Il tente de rentrer en contact le regard avec la jolie personne en face. Elle râle. Elle chante pour faire la quête. Il fait ses devoirs.Elle souffre le martyre à cause de son ventre rond qui prend de la place parce qu’elle est enceinte.

 

Que de « je »,  que d’ « égo » dans le métro.

 

Chacun pour soi, le métro pour tous.

 

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Mais le soleil brille...

 

 

Vulnérable

Ses poumons se sont remplis de larmes

Sa tête s’est embuée de chagrin

Son cœur respirait la bile

Sa vue s’est liquéfiée

 

Soudain elle a ri contre « ces » larmes

Parce que c’était sa seule arme

Contre la souffrance

Contre l’air rance

De ses sanglots

 

Transpercée au cœur, la vie continue.

Le soleil brille.

 

Trouver les mots sur les maux

Trouver l’ordre dans la confusion

Trouver la voie dans l’impasse

Trouver l’éclat dans l’obscurité

C’est chercher

 

Vulnérable

Mais le soleil brille.

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Ostinato

 

 

Elle écrit ce qu’elle crie, ce qu’elle tait à la taie d’oreiller.

Elle mendie la liberté au marchand de sable.

Somnambule en plein réveil

Elle mendie la liberté

Funambule d’une ligne imaginaire

Elle aspire

Elle écrit

Elle prie son cœur de se taire dans sa taie d’oreiller

C’est une mauvaise idée de grandir

La laideur de la vie est une beauté en relief, en profondeur exactement

Elle rit et pourtant les larmes sont intactes, indemnes.

Des chaînes invisibles,

Elle mendie la liberté.

 

La vie est une incantation de l’espoir.

 

 

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Le courage d'aimer

 

 

Un rayon d’eau sur la joue

Qu’elle soit n’importe où

Elle pleure

La peur dans la voix

La fureur dans le cœur

Elle pleure

Volée de tout pouvoir, de tout droit

Frappée au sang

La rancœur au regard

Emprisonnée dans sa passion

Elle pleure

Elle pleure parce qu’elle aime.

 

 

 

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FLEURS DE LA CITE

 

Demain a la couleur de notre peau

Kyrielle de tours pour vivre

Descendants d’étrangers

« nous vivons oubliés oubliant »

Loin de nos racines

Élevant notre présence pour arme

Rebelles contre nos vies

Prisonniers de l’Histoire

La cité

C’est l’Eldorado de nos pères

          L’Atlantide de nos mères

Captifs d’ un rouage sans fin

Voir la cité , être faire

Leurs ampoules leurs cernes leurs dos courbés leurs cors

Décuplent notre rage

Dans notre huis clos à échelle humaine

Résonnent  les hurlements, les cris de nos voix

Qu’on entend murmures, sourdes plaintes

« nous vivons agités agitant »

Par un intérieur brûlé par la révolte

Parce que nos pères nos mères ont encore la bravoure de croire

 les contes d’illusions les passerelles de gloire

Parce que nos pères nos mères sont les enfants

Tenant fermement leurs espérances envers et contre tout

Nous les enfants sommes les adultes avec la réalité bien ancré dans la pupille

Demain a la couleur de notre peau

Nous le savons

Parce que nous le savons  nous allons le changer

Nous allons faire pousser des fleurs dans la cité

 

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Mots [absurdes ?]

 

 

Amour

Cours toujours

Espèce de sourd

 

On a enterré la hache de guerre dans une cour de larmes

Et… ?

On a analysé son ADN

Et la guerre n’était pas franchement terminée

 

Déformation

Information

Une idée qui change de préfixe

 

Les yeux d’un enfant

Aveugles mais clairvoyants

Oxymore ?

 

Au bord du désespoir

On est seulement à bâbord de l’espoir

Attends voir

 

Vous permettez ?

J’autorise.

 

Le sang des mots ne coagule pas

Perfusable à toutes les générations

 

Mots absurdes ?

Non, Mots vivants.

 

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Les cendres du présent

 

MEMOIRE

CHOIR

DECOMBRES

SOMBRE

DECOMBRES

SANS NOMBRE

DECOMBRES

OMBRE

NOIRE

HISTOIRE

AU REVOIR

SAVOIR

DANS LA MORT ET SON COULOIR

BONSOIR ESPOIR

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Scènes filées

 

 

Les fleurs éclorent. Elles quittent doucement leur nid d’hiver. L’air est enivré de douceur. Printemps, havre d’amour délie les langues des poètes… les oiseaux guettent le feuillage des arbres pour s’y cacher. Les parcs reçoivent de la visite.

Dans les métros, quelques rares sourires osent affronter les visages grincheux. A ce signe, on voit qu’une saison a cédé sa place à une autre…

  Main dans la main, ils arrivent. Une complicité tacite les lie à leurs lèvres. Il joue avec sa mèche, la regarde, la taquine. Peu importe que les passagers les observent du coin de l’œil. Elle sourit et rit. Toute la tendresse du monde s’est logée dans ses pommettes.  Elle sort de son sac son Ipod ; une oreillette pour lui, l’autre pour elle. Il écoute distraitement. Elle non plus, elle n’écoute pas. A vrai dire, elle surveille son arrêt. Elle ne peut pas compter sur lui. Il cherche son cou pour y héberger un baiser et sentir son parfum. Elle rougit et lui rend la pareille sur le coin de la bouche. Vite, c’est son arrêt.

 

Le monsieur là-bas, il écrit. Il rature. Il réécrit. Il rature. Avec fougue. Avec la fièvre d’un musicien. Le mot comme une note il cherche. Ses feuilles sont noires de mots. Il cherche le mot, la phrase dans la foule de ses pensées. Pas le moindre carré blanc. Il ne lâche pas son stylo. C’est à peine s’il lève les yeux. Tous les jours, nulla dies sine linea. Il est écrivain. Il orchestre une symphonie d’idées. Son stylo danse sur le papier sans s’arrêter. Il tente de mettre de l’ordre dans une cacophonie d’histoires. Il est concentré, penché à sa tâche, impassible sans le moindre égard pour ce qui l’entoure. Chut, il est dans sa tête, recueilli dans son esprit.

 

Par-dessus la fenêtre, on aperçoit une jeune fille. Elle vient d’acheter une mini tarte à la fraise. Elle s’asseoit à l’arrêt de bus. Il n’y a pas grand monde. Pendant un instant, elle reste inerte. Elle fixe la petite tarte. Elle fait une minute de silence. Soudain elle sort une bougie de sa poche, qu’elle pose délicatement sur la part. elle l’allume avec son briquet. Ensuite elle range le briquet soigneusement. Elle fait une autre minute de silence et souffle la bougie.

Puis, la gourmandise l’empare.

 

Il a garé sa boite de conserve automobile. A côté, il y a un panneau «sens interdit ». y a-t-il un sens interdit lorsqu’on va nulle part ? Se questionne-t-il. Il a son journal en main. L’horoscope est clément et formel : il fera beau. La grande ourse l’a communiquée à Madame Soleil. Pour lui, l’horoscope et la météo c’est du pareil au même. Dans sa main, quelques pièces… il est riche d’acheter encore deux cafés au comptoir et peut être une baguette. Sa carte bleue ? Le distributeur l’a avalée deux rues plus tôt. Météofrance avait prévu de la grisaille. Ils sont nombreux au comptoir. Tant mieux ! Plus on est, plus on disparaît philosophe-t-il.

Le slam commence. Il aime bien.

  Les intempéries de la vie ont  presque de la poésie dans sa bouche à lui. La saison l’exige peut-être, songe-t-il.

Oui, chacun sa poésie.

 

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Ciment de solitude

 

Des silences, des voix qui s’estompent. Je suis de nouveau seul.

J’ai cru pendant un moment, un long moment être sorti de ce tunnel.

Sourd muet aveugle. Où sont les voix qui me portaient ?

Elles  disparaissent. Elles aussi.

Plus rien. Chaos. Néant.

Peur au cœur. Ame amère.

Dame drame pourquoi tout est si noir ? Pourquoi tout est aussi réel ?

Maman réveille moi,

Maman réponds !

Silence.

Sortez moi !  Est ce quelqu’un m’entend ?

Trouble.

Des meutes d’ombres m’assaillent. Réveillez moi, je ne suis pas une ombre.

Regardez moi.

 

***

 

Rayon d’air.

Un cri perce la nuit. Un cri transperce ma solitude.

C’est le mien.

Voix dans l’ombre, voie de mon cœur je te vois.

Je suis calme.

A l’intérieur, tout est en feu. Mes veines explosent poliment une à une. Quelques larmes de sang coulent de mes plaies.

Pas de tension. Aucune appréhension.

Tout ce que renfermait mon corps, ma tête, mon cœur s’évade.

Les maux se libèrent.

Les maux déchirent mon envelloppe corporelle.

J’ai mal. Je vis.

Je suis libre.

Moi, tu meurs.

Je suis libre.

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Echos de vies

 

Elle a le visage d’un ange et  les traits d’une statue.

Parmi les mineures, elle est majeure, d’une majorité intérieure.

Stoïque. Pâle. faible. Sombre et grave dans cette chambre immense. Elle regarde Ailleurs.

Ce qu’elle désire…c’est être. Sortir de cette prison, vivre. Elle  rêve encore une fois. Elle pleure encore une fois. C’est sa vie. Elle se lève pour participer au même calvaire. Qu’importe elle a l’habitude…

Par-dessus, la fenêtre…les voitures se sont réveillés avant elle. Les lampadaires se sont éteints. Les sonneries jacassent. On commence la journée. Elle  ferme le rideau, forcée de constater que les prévisions météorologiques n’ont pas ramené le soleil.

Ce matin comme tous les matins, elle s’habille pull-jean  et court descendre acheter son café allongé. sa drogue douce…tendre caféine quand tu la tiens…

Elle  préfère prendre son café au Marcelou. Il est meilleur que le sien. 

Au Marcelou, elle aime voir Paul crayonner sur son bloc ou sur la table. Elle s’asseoit toujours derrière sa table. Elle se sert de la vitre qui lui donne la vue sur ses dessins. Paul aime les couleurs, elle croit. Ses dessins sont chargés d’émotions, de vie. Leur beauté la frappe. Paul dessine un peu partout sur la table, sur les bancs, sur le sol, les trains.... Il déverse un peu de soi un peu partout.

Marcel, le propriétaire du café lui a souvent conseillé d’investir dans un atelier. Mais Paul revendique sa libre indépendance. Avec son chocolat chaud et son croissant, on le prend à rêver éveillé, à bailler bouche ouverte.

Et Paul lui rétorque que sans le sou on ne peut qu'être que l’ambassadeur de son talent.

Paul n’est jamais accompagné. Il parle très peu, juste pour l’essentiel.

« L’addition, s’il vous plaît. »

A leur façon, c'est leur essentiel...dans cette vie.

 

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Conte de lumière

 

Assis dans le ciel de l’univers

Le grand luminaire

Le soleil

Regarde la Terre

De l’autre côté

Le petit luminaire

Regarde la Terre

Seuls, à  leur manière.

Pour Petit Astre

La Terre est nuit

Pour lui.

Il la contemple

Le visage scintillant d’étoiles.

Et toutes les semaines

Il incline son siège

En croissant, quartier, demi...

Pour mieux admirer cette Terre

Pour mieux en découvrir ses trésors.

Furtivement Petit Astre

Tente malgré sa petite taille

D’y pénétrer

Ses rayons doux, pleins de confiance.

 (Il immisce à tâtons sa clarté)

Mais si obscure il voit bien

Qu’elle est ténébreuse

Qu’elle est fermée à son regard espoir.

Mais il se laisse bercer par les joies qui illuminent

L’obscurité de la Terre.

Grand Astre

Le visage lunatique

A les yeux  trop éclairés

Il ne se laisse plus émerveiller par le fait de voir cette Terre

Regorgeant de trésors.

La vue des séismes, des volcans

Irrite Grand Astre

L’irradie de colère et d’amertume

Contre la Terre.

Il brille de retentissements

Dissimulant la clarté innocente.

Grand Astre et  Petit Astre

Les luminaires

Assis dans le même ciel de l’univers

Ne discutent jamais

Jamais ne parlent.

Comme le langage de l’enfant est incompréhensible de l’adulte

Le soleil ni la lune ne se regardent fixement

Ou éclipse ... !


 

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C'est quoi la violence?

 

Conversation

Avec les gardiens de la paix

                                    

Bonjour Messieurs j’aurais quelques questions à vous poser s’il vous plait

-Demande à Bernard, c’est un intello lui

(Rires, boutades)

C’est quoi la violence ?

-C’est le fait d’enfreindre la loi. Je crois aussiquebien que ça puisse paraître paradoxale que

la définition de la violence varie subjectivement d’un individu à un autre. On a en tête une image, un fait marquant. Victime ou témoin, la violence laisse des séquelles qui compose notre vision d’elle.

Comment définissez vous la paix ?

-Comme contraire de la violence. Mais surtout comme le respect de la loi. L’état de sécurité.

La paix c’est donc la loi ?

-C’est l’action de la loi, un peu la résultante. La loi c’est la règle qui forme la paix. C’est philosophique ce que je dis t’as étudié Hobbes ?

Rencontrez vous beaucoup de violence ?

a fait partie de mon métier de la rencontrer et même de limiter son existence.

Pensez-vous que la violence se concentre que dans certaines zones ?

-Non. La violence se trouve partout. Elle change juste de forme. Frapper, voler, violer, escroquer tout ça c’est de la violence.

Pensez vous qu’il y a assez d’initiatives prises contre les violences alors ?

- assez d’initiatives je ne crois pas. Il en faut encore pour faire disparaître mon métier

Pensez vous que les médias exacerbent les traits de la violence ?

- Ils stéréotypent surtout les acteurs de la violence. Ils se focalisent sur certaines personnes. C’est un propos qui revient souvent dans la presse écrite. Je ne pense pas qu’ils exagèrent les faits. Mais bon, on ne peut pas s’attendre que ce qui est véhiculé par les médias soit relaté dans la dentelle

 

 

Propos recueillis par Elikia

Remerciements à Bernard


 

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Small Mike

 

 

Michael Jackson est né talentueux comme pas deux.

Quand M.J était encore petit, il s’est destiné à la réalisation de son rêve. Toute sa vie M.J n’a vécu que pour vivre son rêve. Il s’en était fait le vœu. Il n’éprouvait rien pour la réalité. Seul son rêve comptait. Son talent croissait avec son âge. Coqueluche des émissions de télévision, il possédait au fond de son cœur une aspiration suprême.

Il était si beau avec ses cheveux crépus et sa peau sombre.

Cependant dans sa tête il avait beau grandir, il restait enfant. Sa simplicité séduisait…Il demeurait à la poursuite d’un monde meilleur...

Quel était son rêve?

Il était mal dans sa peau. Il voulait une vie confortable. Il voulait être reconnu pour ce qu’il est. Il avait besoin de quitter cette étiquette sociale...faire peau neuve.

Il fut le premier à dépigmenter sa peau pour devenir blanc. [Tandis que l’inverse n’avait jamais été imaginé ni fait.]Il pensait que c’était aussi simple. Il serait blanc et mènerait une vie de blanc comme il avait toujours imaginé.

Hélas il était loin de la réalité…comme toujours…

On ne devient pas blanc. On naît tel que l’on est.

En changeant sa couleur de peau,  qui était –il ? Il venait de se perdre.

Malheureusement il a incarné le reflet de ce mal-être du mal dans sa peau de beaucoup de femmes et d’hommes qui mettent des produits éclaircissants.

Car ils croient que plus clair ils seront, plus leur peau sera admissible, « intégrable ».

Ils pensent qu’ils seront prés du blanc couleur sociale.

Ils savent pourtant au fond d’eux-mêmes qu’ils sont noirs. Néanmoins ils sont persuadés que s’ils se rapprochent « d’une carnation social », ils auront la couleur de la réussite.

D’aucuns trouveront cette façon de faire, de penser futile.

 

Mais le racisme outre les mots et les actes est parfois vécu comme une blessure profonde sans cicatrice.

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Bleus de l'âme

 

 

Ses yeux éclairaient le bonheur.

On aurait dit deux morceaux de ciel arrachés.

Seulement…

 

* Sur le quai, je ne fais rien d’extraordinaire. J’attends. Comme d’habitude, j’attends. J’attends que le soleil se lève dans cette bouche de métro. Prête à partir, j’attends.  J’attends un sourire, un coup de fil , un appel, un signe, une lettre, une marque d’attention…N’importe quoi.

Voilà attendre m’ennuie. Je décide.

Dans mon for intérieur, les pieds collés au quai, je veux tenter une expérience.  

Les étoiles m’appellent.

Je plie légèrement mes genoux. Je vais prendre de l’élan et sauter.

Les étoiles m’appellent.

J’attends une synchronisation parfaite avec le métro. On va arriver en même temps.

Plus que quelques secondes, quelques misérables centimètres…

J’ai envie de savoir si ça fait mal de disparaître, de ne plus vivre, de ne plus se porter, de ne plus se  supporter, de partir pour de bon …pour son bien.

Quelle différence que je sois là ou non ?

Que signifie ma présence ou mon absence ?

Je vais sauter et découvrir ce qu’il y a là-bas. J’ai encore un peu de courage.

De toute façon la solitude et l’oubli sont des demi-mort pourquoi s’abstenir d’une autre ?

Au loin le bruit, les jacassement, les bavardages, la bonne humeur du matin…

Un pas, deux pas…j’approcherai des étoiles…

Douleur égoïste je t’éteindrai !

Les étoiles me réclament.

Dans quelques secondes, je serai plus légère.*

 

Dans sa réflexion elle ignorait que la mort ne désagrégeait pas le faix de ses blessures et cicatrices. Le corps mort était beaucoup plus lourd que le corps en vie. Elle allait s’emporter dans l’invisibilité.

Sa poussière chatouillera les étoiles de mer.

 

Musique. Les trains sont suspendus. Le trafic est perturbé. Une jeune femme s’est jetée sous le métro. Veuillez nous excusez  de la gêne occasionnée.

 

A la radio, du blues.

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J'ai mangé de la soupe à la grimace

 

 

Laissez moi choir dans cette foire d’un soir

Croire à cette poire dont la gloire s’effacera dans la Loire

Puis recueillir à la passoire leur espoir

…d’ici peu ils boiront leurs grimoires…

 

Le 14 donc, je t’aime en cérémonie paré de tous les apparats. 3 mots fêtés en duo, remarquez le déséquilibre... Une phrase à partager comme c’est mignon !

Rien n’est plus solennelle et intime …Une cérémonie dans les règles de l’art : une  suspicieuse poésie un peu de rouge et quelques roses. Tout cela servi au nom d’une grande cause : l’Amour. C’est beau.

 

Seulement c’est une fête d’égoïstes, un peu comme la smart voyez vous. Le monde entier est prévenu mais  il n’y a que les intéressés d’invités. Plus de discrétion dans ce genre de mœurs serait de rigueur…question de savoir-vivre...Comprenez qu’une partie de la terre les aient en grippe !

C’est plus fort que moi, je n’aime pas les égoïstes...

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