Elikia... le quotidien se raconte

La censure du silence

Tous parlent sans que personne n’écoute. Personne n’entend le bruit, le son en moulin ni la vacuité des mots en mouvement. Le bruit domine. Le bruit oppresse. L’expression du silence est taboue. N’existe-t-il pas un disque à silence ? Question stupide qui sucitera peut être une invention à l’aube du 22e siècle…allez savoir soyons prévoyants… Désormais tout monologue dans son coin. Les gens ne s’écoutent plus. Les gens ne s’entendent plus. Même les objets parlent. Le silence est oiseau rare, ennemi des temps modernes et ami des profondeurs… Ne me dites pas non ? Autour de nous, que du silence artificiel. Un faux-silence matérialisé par de la musique discrète (du bruit pensant)… Où est le silence ? Ce silence… espace de la pensée ! On étouffe son éloquence. On supprime son droit d’être. Plus personne ne réagit à la tyrannie du bruit, parasite de la réflexion.

Le silence est mort.

On n’ose plus éteindre sa télévision, son ordinateur…sa bouche.

Oui le silence est mort.

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Notes

 

Sauter à pieds joints dans l’illusion.

Qu’importe je nage si bien dans cette tendre mer de chimère.

L’eau n’est pas amer.

 

Noir

Quelques lueurs déambulent dans la pièce, s’entrecognent.

La terre tourne.Mon cerveau est en orbite.

 

Fraternisons avec la paix

Qui sait ?

Un jour elle pourra faire partie de la famille …

Qui sait ?

 

Différence

On en croisera d’autres…

Des indifférences

 

Couper le fil

… quelqu’un au bout

Il est guillotiné par leur conversation insensée

 

À quoi ça sert ?

Qui a dit que servir était utile ?

 

Vous avez des principes, des idéaux, des discours

J’ai les pieds sur terre

 

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Turbulence

Morceler l’étang à coups de pierre. Vomir sa révolte. Cracher sa misère. Insulter son monde. Fracasser le quotidien avec l’acide. Exploser le son. Défigurer le journal. Ecorcher le bonheur sans nom d’un autre. Briser les interdits. Ecrire à la bombe.

Il s’exprime. Il extirpe ses tripes.

Il dit les mots currente calamo à la turbulence de son cerveau.

Ça bouillonne in inne. In inne c’est le souffre.

« Le serpent se cache sous l’herbe. »

Le feu brûle la clarté de ses intentions.

Feue sortie de secours. Trop tard pour y passer.

Des braises dans la voix, il crie au lieu de parler.

La rébellion longtemps ravalée lui intime l’ordre d’obéir.

Sans roi ni loi, il s’abandonne à elle de tout son coi. Il noie son moi.

Il revendique.

Il exprime avec ardeur sa colère tacite. Magnétisé par cette ardeur, il se laisse conduire.

Il abat sur son passage, sur sa rue tout ce qui le touche.

Il libère cette rancœur qui le rongeait. Il la laisse prendre corps dans ses mains.

Da capo non possit…

Il consomme cette ivresse.

Ses maux l’emportent.

Abyssus abyssum invocat.

Sa conscience faïence  se brise comme de la porcelaine.

 

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Chère Petite

 

Petite, pourquoi pleures tu ?

N’attends pas ton rêve. Cours à sa recherche. Poursuis le. Attrape le. Et depeche-toi.

Les rêves s’envolent quand tu prononces leur nom. Ils aiment se cacher, tu sais, dans la fôret du temps. Mémorise leurs visages, leurs aspects.

Petite, tiens les par la main. Tiens les par le cœur.

Ils ne perdront pas leur route près de toi.

Je vais te confier un secret…

Tu es leur étoile, leur ciel.

Sans toi, ils sont apatrides.

Petite, ne pleures pas.

Un rêve ne s’évanouit pas. Il se réveille au moindre souvenir. Un rêve se réalise.

Fais en un autre.

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L'Abbé Pierre

 

« Il a essayé d’aimé » a-t-il voulu comme épitaphe.

Humble jusqu’au dernier souffle, il a osé aimer. Il a osé résister pour l’Amour.

Soldat de son art, celui d’aimer.

Soldat de sa foi, celle de combattre l’indifférence

Artisan et ouvrier d’un monde humain

Partisan de la justice parce que la justice est humaine

Sa foi c’était sa loi. Sa foi était libertine, assassine contre le culte de l’ego, du nombrilisme consumériste.

« Cela a  commencé  parce que la maison était trop grande » a-t-il dit.

La voix des sans voix le nomme –t-on. Il chérissait le vœu de la dignité retrouvée de chaque être.

Charisme et charité émanaient de lui. Il voulait aider… donner …tendre sa main. Et il a tendu son cœur.

Il est parti à "ses grandes vacances".

Il a osé prêter sa voix à ce qu’on délaissait. Il a clamé, crié.

Il a agi.

 

Est-ce que sa mort laissera-t-elle son œuvre orpheline ?

 

 

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Elle & Lui

Dernier volet

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C'est d'actualité

 

Les sondages ont parlé. Ils ont évoqué 2 S à la présidentielle… L’un que l’on orthographie à son nom de famille, l’autre à son prénom limite son diminutif.

Langues de bois jusqu’au bout de doigts. C’est indéniable. Regardez les à se faire théâtre de leurs mots (et de faméliques mensonges)! Ça ne nous offusque même plus…. Les langues de bois, c’est charmant et ça se querelle pour s’asseoir fêté à l’Elysée.  Quel engagement !

Mais comme aucun arbre n’est jamais tombé tout seul, soudainement nos voix comptent !

À la bonne heure…

Des programmes -pardon ne vous en déplaise- des projets des passes droits  défilent.

Cette année, les langues de bois se sentent quelques peu intimidés par les médias et tirent chacun dans leur camp leur langue de poids. Attention cette année cela s’annonce chaud mais  nuance pas du tout cuit.  Oui, c’est du grand show. Les chaînes télé ont soigné leur plateaux… les médias ne se sont pas mis en reste. C’est de l’audience…tout de même. La télé réalité s’exige. Quel candidat voulez-vous voir remporter l’Elysée Academy ?  Qui sera le prochain lauréat ? Seuls vos votes comptent !

 

Soyons lucides, je ne parle pas de politique bien sur ! Ça y ressemble drôlement…

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Lettre d'ailleurs

La haine au pouvoir. Le pouvoir est un microcosme.On ne peut rien faire. On est impuissant. Ce que nous sommes : Une foule sans bras sans arme, une masse de voix, des enveloppes castrées, des poids plume …l’autre partie du monde. Le pouvoir nous taille, nous  calibre au nom de… au nom de quoi d’ailleurs ? d’idéaux ?

Notre avenir ne nous appartient pas. Nos rêves s’évanouissent dans le sang de nos frères. Le sang, l’eau de nos terres.  Tout se passe en filigrane, derrière les visages de billets verts ou bleus, colorés à souhaits. On tue notre liberté à petits feux.  Nous sommes citoyens de leurs désirs. Nos droits  sont anesthésiés. Notre réalité est dissimulée à la face du monde. Isolés  sur l’île du malheur. Mirages et illusions nous n’en avons jamais vu autant que sur nos terres. Innocents de nos larmes. Nous vivons aux crochets du monde.

 

 

Son Excellence la Haine

Monsieur le Ministre de la Guerre

Dirige le pays

Copeaux de corps, liqueur de sang

Puzzle éparpillé de membres

Son Excellence la Haine

Monsieur le Ministre de la Guerre

Dirige le pays

L’enfer a terre pour terre

Toute la terre a la même couleur

Sans exception rouge sang

Son Excellence la Haine

Monsieur le Ministre de la Guerre

Dirige le pays

Éclats d’innocents, éclats de familles

En poussière

Son Excellence la Haine

Monsieur le Ministre de la Guerre

Tue l’Humanité.

Tandis que nous gardons espoir...

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Fleur bleue

 

Demain flotte entre mes doigts invisible, capricieux et incertain.

Si fugace maintenant

Demain

Peut être dernier jour. Flotte entre mes doigts l’espérance.

S’enfuit chaque seconde, chaque souvenir.

Mon cœur en douleur recueille la couleur du passé en lambeaux.

Je vais pouvoir tourner la page que je voulais. Repartir ex nihilo.

Hier s’envole. Hier empoisonne mes visions. Hier s’est brûlé sous mes yeux.

Et le temps m’a suspendu. Le temps s’est arrêté devant moi.

Son fil s’est déroulé. Le fil de ma vie a pris soudain corps dans mon esprit.

Abstrait et réel à ma foi, Hier se désagrège.

Le passé m’aveugle.

Le présent vit. Je vis. Et je ne le vois pas.

Je pensais être imperméable à la douleur.

De la pluie naît sur ma joue.

Il y a de la pluie sous mes yeux, Petite fleur bleue.

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Power 0

« Depuis longtemps, toutes les  richesses de toutes les nations sont tombées entre les mains d’un petit nombre d’homme.»

Cicéron

 

On s’accorde à nous dire que le pouvoir d’achat n’a pas évolué, qu’il n’a  ni baissé ni augmenté. Il est resté le même bien que dans divers sondages les  français expriment le contraire. Ce n’est qu’une impression… Les chiffres sont formels. Les français ont certainement mal assimilé le passage à l’euro. Parce qu'après tout, côté Q.I, on n'est pas très bien côté…Et les magasins discount dont la clientèle ne cesse de pleuvoir ? Le  phénomène discount, véritable tâche d’huile dans le marché de la distribution ne vise plus seulement les personnes aux revenus modestes mais rassemble des consommateurs de toutes catégories sociales. La vie est chère, objet de lutte  credo politique comme commerciale. Est-ce aussi une impression ?  L’euro n’a rien changé à notre vie.  Le SMIC a augmenté nous dit-on. Doit-on préciser que la baquette de pain et le timbre aussi ? Les politiques ne comprennent pas la population. Les chiffres sont formels. C’est une impression. Mais n’est ce pas le salaire des  ministres qui a augmenté pour s’harmoniser aux homologues européens ?

Alors je m’accorderai à dire que le pouvoir n’a pas bougé. Que l’argent est toujours dans les mêmes mains et entretient le pouvoir. Que dés l’antiquité, Juvénal l’avait déjà dit «  la majesté sainte entre toutes, c’est la majesté de l’argent ».

Une impression anachronique…

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Du temps

 

-         C’est dans quel pays que les journées durent 48 heures ?

-         Au paradis, ma belle, au paradis.

-         Alors un billet, s’il vous plait.

                                                                         

La rapidité organise le quotidien. Elle régit la vie. Grâce aux prouesses technologiques, on accède à l’instantanéité. L’instantanéité, l’image de l’art de Dieu « Que la lumière soit »…

Réponse instantanée via MSN. Les trains, TGV, bus, voitures acquièrent performances, vitesse et rapidité. On se déplace comme on veut où on veut. Par Internet, le mobile on est joignable partout à tout moment.

Tout va vite, très vite. Il suffit d’un simple geste : d’un pas, d’un mot ou d’un clic. La technologie qui nous environne nous permet de réduire la perte de temps. Paradoxalement c’est de temps dont on manque cruellement.

La planète est sportive. Elle pratique de la  course contre montre à haut niveau. Par les nouvelles technologiques et son inventivité,  l’Homme s’approche de son rêve, celui l’omniscience, l’omniprésence….Par sa science, l’Homme devient magicien de son rêve : celui de substituer Dieu. De s’élever à Son rang.

Il s'emmure  dans la fabrication de son rêve. Et il  marche à côté de sa vie. Son unique vie. Un groupe démodé  avait chanté «  c’est le temps qui court ». Encore un leurre. Le temps ne court pas. Le temps s’écoule. L’Homme, lui dans sa course oublie, le perd entre ses doigts. Il n’a pas le temps de prendre son temps. On l’entend ponctuer ses journées par « retard », « courses à faire » et de klaxons qui s’énervent. Il veut synchroniser ses (en) vies au temps qu’il lui est imparti. Il court après l’éternité fixée dans sa mémoire, dans son rêve. Il vit dans un rythme effréné pensant que le temps lui appartient et l’on s’étonne des accidents de la route. Pour l’extraire de sa lubie, il faut que la mort, la maladie (et d’autres) lui fassent entendre raison. Un coup sur la tête pour qu’il reprenne toute sa tête !

Alors sa course, il stoppe. Il regarde autour de lui et voit stress, vitesse, le temps perdu…

Il contemple sa défaite et cherche à raccommoder les morceaux de temps brisé.

C’est lorsqu’il ferme les yeux une dernière fois qu’il étreint l’éternité. Son rêve amer.

Mais l’heure est indue. L’heure n’est plus.

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T’enfume, je t’enferme

Ça y est la loi est en vigueur. Fini, la petite clope sur le quai de la gare ou dans son enceinte, la petite clope au bureau…la petite clope elle est pour la maison.

Amis fumeurs, je vous comprends. Dura est lex

En même temps, le gouvernement joue une pierre deux coups. Fumer est interdit dans les lieux publics, fumeurs « végétales » compris…

Pourquoi un 1er janvier ? Pour mettre un coup de pouce à la prise de bonnes résolutions

Mais que cache cette loi ? Va-t-on construire des fumoirs à tout va ? César récupère toujours sa monnaie. La cigarette autrefois marque de distinction des intellectuels, plaisir populaire se retournera en signe ostentatoire de rébellion dans notre 21e siècle naissant.

Symbole de fraternité entre les soldats dans le temps de guerre. On diabolise les fumeurs. Et la taxe ?  Le plaisir des uns est légalement un luxe

Au nom de la liberté (publique) !

 

 

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Regard nocturne

France en pleine nuit

Pléiade de rêves. Illusions et désillusions scintillent. A l’aube les élections présidentielles. Les habitants embrassent l’espoir du lendemain à bras courts.

France en pleine nuit au bord de ma fenêtre. Coulisses de la Une. Arrière-scène du 20heures. Chacun chez soi dans la rue sur des cartons, dans une chambre dans les draps. Pan de la réalité occultée (?) obscurcie (?) sur les chaînes.

Des solutions. Des remèdes à la crise au laisser-aller. En recherche…

Allons voter. Remède à la démocratie. Voter fera la différence. Le vent se déchaîne de gauche à droite. Mais la France ne veut pas d’un visage à la présidence de la république. Ne veut pas de silhouette fantôme.

Dans la nuit sans retour pas de détour.

Dans la nuit sans bruit la nation gronde le changement à présent. Elle se délivre du silence. Le peuple uni selon leur foi politique et convictions assiégent le dernier-né des médias.

Expression. Ils feront la Presse. A bas les promesse. A bas les démagogies. A bas langues de bois. Le pouvoir il faudra compter avec la France entière. Car les voilà avec leurs torches. Point de salut pour les sophistes…

Ce n’est pas la coupe du monde. C’est la coupe de l’avenir. Pas de tiercé gagnant.

La France entière s’engage. Demain se joue une seule fois.

Dans la nuit sans bruit le murmure des murs s’élève.

Dans la nuit sans bruit le son du ras-le-bol global perce. Rendez vous à l’aube.

 

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Anniversaire

 

 Pierre-Paul Jacques va avoir 10 ans. Noeunoeil le rat aussi. Jeanne, la mère, a vécu 10 ans de galères permanentes. C’est leur anniversaire.

Qu’est-ce que 10 ans ? 315 360 000 secondes. Un certain nombre d’entre elles ont servi à construire un projet, à réaliser un record sportif, à marquer une personne d’une humiliation à vie. Mais seulement une poignée d’entre elles a changé le cours d’une action en bourse ; la vie de millions d’enfants : quelques secondes seulement.

Une seconde a suffi pour sécher une larme. Juste un fragment de ce temps, pour éclairer des regards et rendre un sourire.

Enfermée dans son bureau, un soir de l’année 1996, la japonaise Aki Maita confectionne un programme informatique qui sera le 1789 des cours de récréation. Elle invente le tamagotchi ! Il évacuera la frustration des enfants qui se sont heurtés au refus de se voir offrir un animal de compagnie.

Elle est contente Jeanne. Elle a pu offrir à Pierre-Paul Jacques un tamagotchi. Une galère d’évitée.

Qu’est-ce que 10 ans ? Du temps qui passe entre nos doigts, entre nos yeux … 10 ans c’est une suite de jours, d’actions, d’humeurs, de souvenirs, de création(s), d’invention(s).

Pierre-Paul Jacques est heureux ; il a un tamagotchi. Dans 10 ans, avec sa madeleine de Proust à lui, il y repensera et se remémorera son enfance. Il oubliera Noeunoeil.

Qu’est ce que l’anniversaire de 10 ans ? C’est du passé, que l’on a su utiliser ou non, que l’on doit fêter : avec ou sans bougies, avec ou sans gâteau.

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In Petto

Article 9 décembre 1968 il est interdit de perturber les voyageurs par quelconque mendicité…Interdiction à la pauvreté de voyager. L’état de pauvreté est strictement personnel.

 

Perdue dans mes pensées…je vois une personne entrer dans le métro faire la quête. Son éloquence me frappe à la figure. Je saisis des bribes de phrases de son discours. « Besoin … quelques pièces…ticket restaurant…s’il vous plait »  J’éprouve de la peine.  Je suis perturbée. Je fais semblant de ne pas le voir. Je fais semblant de dormir. Je l’ignore. J’essaye de faire abstraction de sa personne…d’éviter le son de sa voix, sa main tendue. Je ne veux pas le voir. Je ne veux pas voir son malheur… l’état de sa misère intérieure comme extérieure. Son délabrement, je ne veux pas être en contact avec. La société le méconnaît. Moi je ne le connais pas. Non, je n’ai pas de pièce. Il ne faut pas que son malheur me regarde. Son malheur ne me regarde pas. Je sens  l’odeur de son indigence. Son malheur me touche au plus profond de moi-même. Il souffre et habite dans le gouffre. Son dénuement interrieure pénétre mon cœur. Son desaroi parle à mon âme. Je suis incapable de réagir. Je demeure muette à cet appel.

Je n’entends pas.

Immuniser mon être… Immuniser ma vie… en fermant les yeux, en m’enfonçant dans mon siège. Peut-être. Mais son chant de douleur hante ma conscience. Ma conscience me murmure honte. Je n’ai pas de pièce. Parce que la méfiance, c’est plus confortable. On se cache toujours mieux derrière « il faut se méfier ».

Et puis mon porte–monnaie n’est pas plus riche que lui. Ma bourse stoïque et impassible serre le bouton.

« Besoin … quelques pièces…ticket restaurant…s’il vous plait »

Sa misère a juste pénétré mon cœur.

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