- C’est dans quel pays que les journées durent 48 heures ?
- Au paradis, ma belle, au paradis.
- Alors un billet, s’il vous plait.
La rapidité organise le quotidien. Elle régit la vie. Grâce aux prouesses technologiques, on accède à l’instantanéité. L’instantanéité, l’image de l’art de Dieu « Que la lumière soit »…
Réponse instantanée via MSN. Les trains, TGV, bus, voitures acquièrent performances, vitesse et rapidité. On se déplace comme on veut où on veut. Par Internet, le mobile on est joignable partout à tout moment.
Tout va vite, très vite. Il suffit d’un simple geste : d’un pas, d’un mot ou d’un clic. La technologie qui nous environne nous permet de réduire la perte de temps. Paradoxalement c’est de temps dont on manque cruellement.
La planète est sportive. Elle pratique de la course contre montre à haut niveau. Par les nouvelles technologiques et son inventivité, l’Homme s’approche de son rêve, celui l’omniscience, l’omniprésence….Par sa science, l’Homme devient magicien de son rêve : celui de substituer Dieu. De s’élever à Son rang.
Il s'emmure dans la fabrication de son rêve. Et il marche à côté de sa vie. Son unique vie. Un groupe démodé avait chanté « c’est le temps qui court ». Encore un leurre. Le temps ne court pas. Le temps s’écoule. L’Homme, lui dans sa course oublie, le perd entre ses doigts. Il n’a pas le temps de prendre son temps. On l’entend ponctuer ses journées par « retard », « courses à faire » et de klaxons qui s’énervent. Il veut synchroniser ses (en) vies au temps qu’il lui est imparti. Il court après l’éternité fixée dans sa mémoire, dans son rêve. Il vit dans un rythme effréné pensant que le temps lui appartient et l’on s’étonne des accidents de la route. Pour l’extraire de sa lubie, il faut que la mort, la maladie (et d’autres) lui fassent entendre raison. Un coup sur la tête pour qu’il reprenne toute sa tête !
Alors sa course, il stoppe. Il regarde autour de lui et voit stress, vitesse, le temps perdu…
Il contemple sa défaite et cherche à raccommoder les morceaux de temps brisé.
C’est lorsqu’il ferme les yeux une dernière fois qu’il étreint l’éternité. Son rêve amer.
Mais l’heure est indue. L’heure n’est plus.